Et soudain, tout le monde me manque.


Et soudain, tout le monde me manque. 

Le moment tant attendu est arrivé. Le coup de blues. Il s’agit de l’événement le plus redouté et redoutable de toute personne en voyage. Au milieu des doutes, des remises en question, des plans, des inspirations, une seule question : Me suis-je sur-estimée ? 

J’ai passé deux semaines intenses. Ma meilleure est venue me voir en Angleterre. Même toute bonne chose a une fin, c’est bien connu.  Puis mon compagnon de « trip » est reparti pour la mère-patrie, lui aussi. Et c’est donc seule que je dois finir mon expérience en Angleterre. Et les semaines qui arrivent ne s’annoncent pas des plus simples. 

Je viens de connaitre donc la première blessure du voyageur-expatrié-globre-trotteur. On décide de partir laissant derrière soi amis ,famille et moments qu’on auraient pu passer avec eux, pour une nouvelle maison. On rencontre des gens, on se lie d’amitié comme on aurait jamais pensé être capable. Et puis tout d’un coup, plus rien. Le boule au ventre et à la gorge comme seul compagnon.
Le soleil a laissé place à la pluie (au sens figuré comme au sens propre). On rigole, on vit les derniers moments ensemble et puis ça se quitte à l’aéroport. Et c’est précisément là que tout est chamboulé. A l’aéroport. Le lieu où les vies se font et se défont. C’est ici que tout le monde me manque. 





L’avantage sont les réseaux sociaux. On se tient informé, on ne cesse de se parler à longueur de journée par les messages et le sacré saint WIFI. Mais l’inconvénient de ces derniers c’est qu’ils nous rappellent sans cesse que la personne en question mène sa vie loin de vous. Cela vous rappelle sans cesse à quel point vous êtes là où vous êtes. La barrière se matérialise à travers l’écran. 

4 mois. C’est le temps qui me restes. Je réfléchis à la possibilité de partir plus tôt mais je ne peux pas. Mes projets ont trop besoins de se concrétiser et cela demande de l’argent mais aussi plus de réflexion. 4 mois. C’est fou comme 4 mois peuvent passer à la vitesse de l’éclair, notamment quand on est sur les bancs du lycée ou de l’université. Mais 4 mois quand tout le monde vous manque, c’est beaucoup plus difficile. 

Chaque seconde, chaque minutes et chaque heures défilent rapidement et à la fois on ne cesse de les regarder passer. 

Cela ne m’a jamais dérangé d’être seule, bien au contraire. Et au moment où j’ai besoin d’aimer être seule, je n’y arrive pas. Aurais-je enfin mûrie ma relation avec les autres ? Ais-je compris que l’autre est indispensable à ma survie et que cela ne sert à rien de le négliger. Est-ce une bonne leçon qu’on m’envoie là ? Je ne sais pas mais là maintenant, ce n’est pas très agréable. 

Je voulais être libre, je le suis. Je ne voulais être dépendante de personne, je le suis. Own my own. Alors pourquoi je ne suis pas satisfaite ? Pourquoi ais-je l’impression de n’avoir qu’un poumon pour respirer ? Pourquoi je n’arrive pas à me réveiller le matin et a sourire à la journée ? 

Peut-être qu’on fond je ne sais pas vraiment ce que je veux. Ou peut-être parce que je veux tout d’un coup. 

Et pourtant, tout les jours sans exception, je vais découvrir de nouveaux visages, de nouvelles choses, de nouvelles visions de voir, les gens continuent à me fais rire, à m’aider et m’encourager. Juste l’impression que des fois ce n’est pas suffisant. 

L’excitation d’être seule dans un pays étranger à laisser peu à peu place à cette routine dont j’avais si peur. Je pense que je réalise peu à peu que ne pourrais jamais m’échapper totalement des normes de ce monde. De toute façon tout cela est nécessaire. Je dois, je veux savoir où sont mes limites et les dépasser. Sinon je ne pourrais jamais avoir la vie que je veux.


J’arrive à me remotiver et puis d’un coup sans prévenir, tout le monde me manque. 

XX

8 commentaires:

  1. Courage !
    A coup sûr cette expérience va te forger et tu en apprendras plus sur toi-même !

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  2. Très bel article! On devrait fonder un club ;) Bon courage

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    1. Merci :) Le club des déprimées expatriées...oui ça sonne bien :P

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  3. C'est très difficile pour cette raison aussi de recevoir des visites : le vide qui se crée quand la personne part. On a montré son quotidien, sa vie, ses bars et on se retrouve seule. Mais ça passera. Que vas-tu faire après ces quatre mois ? :)

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    1. Oui c'est déjà passé, ça va beaucoup mieux! Je pars en Suisse :)

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  4. C'est le juste retour du bâton de l'expatriation, même si on s'en passerait bien. Il y a des soirs comme ça, ou finalement une série, un bon thé et notre déprime, ça nous convient. Et puis ça passe, pour revenir des fois. Suffit d'un anniversaire, d'un petit mot, d'une dure journée au boulot. Mais c'est normal et ça fait parti du jeu (et encore plus quand on a reçu de la visite). Des bisous et du courage, je suis passé par la et j'y repasserai surement. Article touchant !

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  5. Woh j'ai vecu exactement la meme chose quand un tres bon ami est reparti... Le point positif c'est de se dire qu'on n'est pas seule :)
    Ca me rassure de savoir que je ne suis pas une deprime mais que c'est finalement un sentiment normal lorsqu'on est expat!

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